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Réussir sa terrasse en bois : support, pose et entretien

Une terrasse en bois durable dépend surtout de ce que l’on ne voit pas : drainage, structure et ventilation. Voici les bons réflexes de la pose à l’entretien.

Bernard Vial Par Bernard Vial
5 min de lecture
Réussir sa terrasse en bois : support, pose et entretien
Des lames de bois posées sur leur support, avec une marche de finition, sur une terrasse en bois qui demande un entretien régulier.

Une terrasse en bois réussie se joue rarement sur le choix des lames seules. Ce qui fait la différence bien des années plus tard, c’est la qualité du support, la gestion de l’eau et la régularité de l’entretien. Avant de commander quoi que ce soit, il vaut la peine de comprendre ce qui fait vieillir ou protège un platelage extérieur.

En bref

  • Ce qui fait la différence bien des années plus tard, c’est la qualité du support, la gestion de l’eau et la régularité de l’entretien.
  • Une pose trop serrée provoque des lames qui se soulèvent ou se bombent, une pose trop espacée gêne le confort de marche.
  • Et un contrôle visuel au changement de saison, sous les lames comme dessus, permet de repérer à temps une lame fendue ou une fixation qui se desserre avant qu’elle ne devienne un vrai chantier.

Choisir l’essence selon l’usage et l’exposition

Le bois d’une terrasse subit en permanence la pluie, le soleil et les écarts de température. Toutes les essences ne réagissent pas de la même façon. Les bois résineux traités en autoclave sont accessibles et faciles à travailler, mais ils demandent un entretien plus suivi et se déforment davantage. Les bois feuillus exotiques, denses et naturellement durables, résistent mieux aux champignons et aux insectes, à condition de vérifier leur provenance et leur certification de gestion forestière. Certaines essences européennes, comme le chêne ou le robinier, offrent une alternative locale intéressante, avec un aspect plus nuancé.

Posez-vous d’abord trois questions : la terrasse sera-t-elle à l’ombre humide d’un mur ou en plein soleil, y marchera-t-on pieds nus, et accepte-t-on qu’elle grisonne avec le temps ? Un bois qui prend une patine argentée n’est pas un bois abîmé, c’est un choix esthétique à assumer dès le départ. Si vous tenez à garder la teinte d’origine, prévoyez un traitement régulier.

Soigner la structure cachée sous les lames

La majorité des désordres viennent de ce que l’on ne voit pas. Les lames reposent sur des lambourdes, elles-mêmes posées sur des plots, une dalle ou un sol stabilisé. Ces lambourdes doivent être dans une essence au moins aussi durable que les lames, car elles sont les plus exposées à l’humidité stagnante. Un bois qui ne sèche jamais pourrit de l’intérieur, même s’il paraît sain en surface.

  • Un sol drainant, débarrassé de la terre végétale, évite que l’eau ne remonte sous la structure.
  • Une membrane géotextile limite la repousse des herbes sous la terrasse.
  • Les lambourdes ne doivent jamais reposer directement sur la terre ni sur un sol détrempé : des plots réglables ou des cales ventilées les isolent.
  • Une légère pente, dans le sens du ruissellement, permet à l’eau de s’écouler plutôt que de stagner.

Si la terrasse est adossée à la maison, ne la fixez pas de façon à bloquer l’écoulement le long du mur et gardez un petit jeu pour que l’air circule. Les pieds de façade, déjà sollicités par les éclaboussures, n’ont pas besoin d’un obstacle supplémentaire.

Laisser le bois respirer et travailler

Le bois gonfle quand il absorbe l’humidité et se rétracte quand il sèche. Une pose trop serrée provoque des lames qui se soulèvent ou se bombent, une pose trop espacée gêne le confort de marche. Il faut donc laisser un joint régulier entre les lames, et un jeu en bout de lame, en tenant compte de l’essence et de l’humidité du bois au moment de la pose. Un bois livré humide se rétractera après la pose, un bois très sec gonflera : laissez-le s’acclimater quelques jours sur le chantier, à l’abri de la pluie mais à l’air libre.

La fixation compte aussi. Les vis en acier inoxydable, ou les clips invisibles adaptés au profil des lames, évitent les traces noires autour des têtes que provoque une vis ordinaire au contact des tanins du bois. Préforer évite les fentes, surtout près des extrémités.

Prévoir la sécurité et le confort d’usage

Un platelage mouillé peut devenir glissant, en particulier lorsqu’une fine couche de mousse ou d’algues s’installe. Les lames striées ou rainurées offrent une meilleure adhérence que les lames lisses, au prix d’un nettoyage un peu plus attentif. Si la terrasse longe une piscine ou un escalier, ce critère passe avant l’aspect. Pensez aussi aux garde-corps lorsque la terrasse est surélevée : leur hauteur et leur solidité relèvent de règles de sécurité qu’il convient de vérifier avant les travaux.

Enfin, renseignez-vous auprès de votre mairie : selon la surface et la hauteur du platelage, une déclaration préalable peut être nécessaire, et le règlement du lotissement ou du plan local d’urbanisme peut encadrer l’aspect extérieur.

Entretenir sans excès

L’entretien d’une terrasse en bois tient en peu de gestes, mais ils doivent revenir régulièrement. Un balayage fréquent retire les feuilles et les débris qui retiennent l’humidité entre les lames. Un nettoyage à la brosse et à l’eau, avec un produit adapté, une à deux fois dans l’année, enlève les salissures et les mousses naissantes. Évitez le nettoyeur haute pression à bout portant : il arrache les fibres et laisse une surface rugueuse qui retiendra encore plus la saleté.

Selon la finition choisie, un saturateur ou une huile de protection, appliqué sur un bois propre et sec, nourrit le bois et ralentit le grisaillement. Respectez les conditions d’application indiquées sur le produit : température modérée, absence de pluie prévue, couche fine plutôt que couche épaisse qui ne pénètre pas. Si vous préférez laisser le bois griser, un simple nettoyage suffit, mais surveillez les zones qui ne sèchent jamais.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Choisir des lames de qualité sur une structure bon marché, qui pourrit avant elles.
  • Poser sur un sol qui retient l’eau, sans drainage ni ventilation.
  • Serrer les lames sans jeu de dilatation.
  • Négliger les points de contact avec le sol, où l’humidité s’attaque en premier.
  • Repousser l’entretien jusqu’à ce que la mousse et les fissures s’installent.

Une terrasse en bois bien pensée reste agréable longtemps. Le temps passé à préparer le support et à prévoir l’évacuation de l’eau se récupère largement ensuite, en confort comme en économies de remplacement. Et un contrôle visuel au changement de saison, sous les lames comme dessus, permet de repérer à temps une lame fendue ou une fixation qui se desserre avant qu’elle ne devienne un vrai chantier.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : construirgeral. Licence : CC BY 3.0.

Bernard Vial

Terrain, construction, financement et jardin

Bernard Vial

Bernard Vial a passé près de quarante ans sur les chantiers, d'abord comme maçon, puis comme chef d'équipe en rénovation dans le Lot. Il écrit pour Toute Ma Maison sur le gros œuvre, les matériaux, la toiture, les ouvertures et la façon de choisir ses artisans. Il garde un mètre pliant dans la boîte à gants et refait lui-même, chaque été, un morceau de sa vieille longère.